Une délégation de service public maritime coûte entre 1 et 30 millions d'euros par an à la collectivité, selon la taille de la liaison (navires, fréquence, distance). Cette compensation finance l'écart entre les recettes commerciales (billetterie) et le coût réel du service — un service que le marché seul ne fournirait pas aux conditions de fréquence et de tarif exigées[1].

L'essentiel

Le coût unitaire par passager transporté (compensation publique / nombre de passagers) varie de 5 à 50 euros selon les liaisons. Les liaisons les plus subventionnées par passager sont les petites lignes insulaires hivernales (peu de passagers, charges fixes élevées). Les liaisons les plus « rentables » sont les navettes urbaines à forte fréquentation.

Structure du budget

Le budget d'une DSP maritime comprend les charges d'exploitation (carburant, personnel, maintenance, assurance, charges portuaires), l'amortissement du navire (si la collectivité est propriétaire) ou le loyer (si l'armateur est propriétaire), et la rémunération de l'exploitant. Les recettes proviennent de la billetterie, du fret, et de la compensation de service public[2].

Contrôle et transparence

Les Chambres régionales des comptes (CRC) contrôlent régulièrement les DSP maritimes pour vérifier l'absence de surcompensation (l'armateur ne doit pas s'enrichir indûment sur les fonds publics), la réalité des charges déclarées, et le respect des obligations contractuelles. Les rapports des CRC sont publics et constituent une source précieuse d'information sur l'économie réelle des liaisons[3].

Investissement navire

L'acquisition d'un navire neuf (5 à 40 millions d'euros) est le principal enjeu financier. Deux modèles coexistent : la collectivité achète le navire et le met à disposition de l'exploitant (modèle « propriétaire public »), ou l'armateur investit et amortit le navire sur la durée de la DSP (modèle « propriétaire privé »). Le choix impacte le montant de la compensation annuelle et la répartition des risques.