Les collectivités littorales doivent intégrer le transport maritime côtier dans leurs plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), leurs schémas régionaux (SRADDET) et leurs plans de mobilité (PDM). Pourtant, le maritime est souvent le parent pauvre de la planification climatique territoriale — mentionné au mieux en une ligne, rarement chiffré, jamais actionné[1].

Ce qui est en jeu

Le transport maritime côtier représente 1 à 5 % des émissions de transport d'une commune littorale (davantage pour les communes insulaires). L'électrification des ferries, le branchement à quai (shore power), et le report modal route-mer sont des actions climat à fort impact et à co-bénéfices multiples (qualité de l'air, bruit, attractivité).

PCAET et diagnostic maritime

Le PCAET impose un diagnostic des émissions de gaz à effet de serre par secteur. Les émissions du transport maritime côtier sont souvent mal comptabilisées : elles relèvent du scope 1 si l'armateur est basé sur le territoire, du scope 3 si c'est un délégataire extérieur. Quelques territoires pionniers (Région Bretagne, Département du Var) ont réalisé un diagnostic maritime spécifique[2].

Actions concrètes

Les actions climat liées au maritime côtier dans un PCAET peuvent inclure l'électrification d'une liaison (remplacement d'un ferry diesel par un ferry électrique), l'installation d'un branchement à quai (shore power) pour supprimer les émissions à l'escale, le report modal (encourager les passagers à utiliser le ferry + vélo plutôt que la voiture), et l'optimisation des rotations (ajuster les fréquences à la demande pour réduire les rotations à vide).

SRADDET et compétence régionale

Le SRADDET fixe les objectifs régionaux de transition écologique des transports. Depuis la LOM (2019), les régions sont autorités organisatrices du transport maritime côtier régulier. Elles ont donc la compétence et la responsabilité d'intégrer la décarbonation des ferries dans leur planification[3].