Le capitaine est l'autorité suprême à bord du navire. Son statut juridique est unique dans le monde du travail : il est à la fois le représentant de l'armateur (employeur) et le dépositaire de l'autorité publique (représentant de l'État à bord). Cette double casquette lui confère des pouvoirs étendus et des responsabilités proportionnelles, définies par le Code des transports et les conventions internationales[1].

Ce qu'il faut savoir

Le capitaine d'un navire côtier de passagers commande la navigation, assure la sécurité des passagers et de l'équipage, représente l'armateur dans les actes commerciaux, exerce des fonctions d'officier d'état civil et d'officier de police judiciaire à bord. Il est personnellement responsable de la conduite du navire et des décisions prises en cas d'urgence. Son brevet minimum est le Capitaine 200 ou 500 selon la jauge du navire.

Prérogatives de commandement

Le capitaine a autorité sur toutes les personnes embarquées — équipage et passagers. Il est le seul décideur en matière de navigation et de sécurité. L'armateur peut donner des instructions commerciales (horaires, escales, chargement), mais ne peut pas interférer avec les décisions du capitaine en matière de sécurité. Si le capitaine juge que les conditions météorologiques sont dangereuses, il peut refuser d'appareiller — même contre l'avis de l'armateur. Ce principe fondamental protège les passagers et l'équipage[2].

Responsabilités en matière de sécurité

Le capitaine est responsable de la mise en œuvre du plan de sécurité et du rôle d'appel, de la conduite des exercices d'évacuation mensuels, du respect des normes de chargement et de stabilité, de la veille permanente et de la navigation sûre, de l'application du plan de sûreté ISPS, et de l'obligation d'assistance à toute personne en danger en mer. En cas d'accident, il est la première personne interrogée par le BEAmer et la justice.

Fonctions d'autorité publique

En l'absence d'autorité civile accessible, le capitaine exerce des fonctions d'officier d'état civil (il peut recevoir un testament, constater un décès, enregistrer une naissance à bord), de police judiciaire (il peut constater les infractions commises à bord et prendre les mesures conservatoires), et d'officier de police administrative (maintien de l'ordre à bord). Ces prérogatives sont rarement exercées sur les traversées côtières courtes, mais restent théoriquement applicables.

Formation et brevets

Pour commander un navire de transport côtier de passagers, le capitaine doit détenir un brevet STCW adapté à la jauge et à la zone de navigation : Capitaine 200 (navires ≤ 200 UMS, navigation côtière), Capitaine 500 (≤ 500 UMS), ou un brevet supérieur pour les grands ferries. La formation est dispensée par l'ENSM (3 à 5 ans pour un officier) et complétée par des certificats spécifiques au transport de passagers (gestion de foule, embarcations de sauvetage)[3].

Le quotidien d'un capitaine côtier

Sur une liaison côtière, le capitaine effectue plusieurs rotations par jour (parfois 10 à 15 traversées quotidiennes sur les passages d'eau courts). Chaque traversée implique les manœuvres d'appareillage et d'accostage — les moments les plus critiques de la navigation — dans des chenaux souvent étroits et fréquentés. Le capitaine côtier est un spécialiste de la manœuvre en eaux resserrées, de la gestion du courant et de la marée, et de la communication avec les autres usagers du plan d'eau.