La France dispose d'un système de formation maritime structuré, allant du CAP maritime au diplôme d'ingénieur, qui forme chaque année environ 1 500 marins et officiers. Ce système repose sur deux piliers : les 12 lycées professionnels maritimes (LPM) répartis sur le littoral, et l'École Nationale Supérieure Maritime (ENSM) qui forme les officiers sur 4 sites (Marseille, Le Havre, Nantes, Saint-Malo). La formation maritime est supervisée par la DGAMPA et financée en partie par l'OPCO Mobilités[1].

Vue d'ensemble

Trois niveaux de formation : CAP/BEP maritime en lycée professionnel (2 ans, formation matelots et mécaniciens), BTS/DUT maritime ou brevet d'officier à l'ENSM (3 ans, formation officiers), et diplôme d'ingénieur navigant à l'ENSM (5 ans, formation capitaines et chefs mécaniciens de la marine marchande). Toutes les formations alternent enseignement théorique et embarquement en mer.

Les lycées professionnels maritimes

Les 12 LPM forment les personnels d'exécution de la marine marchande : matelots de pont, mécaniciens, électriciens de bord. Le CAP maritime se prépare en 2 ans après la 3e. Le baccalauréat professionnel maritime (conduite et gestion des entreprises maritimes, ou électromécanicien marine) se prépare en 3 ans. Ces formations intègrent les certificats STCW obligatoires (CFBS, CAEERS, CRO).

Les principaux LPM sont situés au Guilvinec, Paimpol, Saint-Malo, Fécamp, Boulogne-sur-Mer, La Rochelle, Ciboure, Sète, Bastia, Le Port (La Réunion) et Petite-Île.

L'ENSM — École Nationale Supérieure Maritime

L'ENSM forme les officiers de la marine marchande — les futurs capitaines, chefs mécaniciens et officiers polyvalents. Quatre cursus principaux : le cursus Officier chef de quart passerelle (OCQP, 3 ans, brevet de Lieutenant), le cursus Officier chef de quart machine (OCQM, 3 ans, brevet de Second mécanicien), le cursus d'ingénieur navigant (5 ans, double diplôme ingénieur + brevet de Capitaine ou Chef mécanicien illimité), et les formations continues d'officiers pour les marins expérimentés souhaitant monter en grade[2].

Alternance mer-terre

Toutes les formations maritimes intègrent des périodes d'embarquement obligatoires sur des navires de commerce, comptabilisées comme temps de navigation pour l'obtention des brevets. Les élèves officiers de l'ENSM effectuent 12 à 18 mois d'embarquement au cours de leur scolarité. Cette alternance entre théorie à terre et pratique en mer est la marque distinctive de la formation maritime.

Formation continue et montée en compétences

La formation continue permet aux marins en activité de progresser dans leur carrière : obtention de brevets supérieurs, revalidation quinquennale des certificats STCW, formations spécialisées (transport de passagers, navires à propulsion alternative, gestion de crise). L'OPCO Mobilités finance ces formations dans le cadre du plan de développement des compétences des entreprises et du compte personnel de formation (CPF) des marins[3].

Enjeux : la transition écologique et l'attractivité

La formation maritime doit s'adapter à la transition vers les propulsions propres : nouveaux modules sur les systèmes de batteries, l'hydrogène, la haute tension embarquée. L'attractivité du métier de marin est un défi permanent : les armateurs côtiers peinent parfois à recruter, notamment pour les postes de mécanicien. Les campagnes de promotion des métiers de la mer et les partenariats entre armateurs et établissements de formation sont essentiels.