Le matelot de pont est le premier maillon de la chaîne opérationnelle à bord d'un navire de transport côtier. Sous l'autorité du capitaine et du bosco (maître d'équipage), il assure les manœuvres d'amarrage et d'appareillage, la veille en navigation, l'entretien du navire et l'accueil des passagers. C'est le métier d'entrée dans la carrière maritime, accessible après un CAP maritime ou une formation qualifiante[1].
Repères
Le matelot de pont est un marin polyvalent qui participe à toutes les opérations du navire : manœuvres, veille, sécurité, entretien et relation passagers. La formation initiale dure 2 ans (CAP maritime) dans un lycée professionnel maritime. Le salaire brut débutant est d'environ 1 800 à 2 200 € mensuels, auquel s'ajoutent les primes de nourriture et d'embarquement.
Missions quotidiennes
Manœuvres
À chaque escale — et sur une ligne de passage d'eau, il peut y en avoir 10 à 20 par jour — le matelot prépare les amarres, actionne les treuils, guide la passerelle d'embarquement, et sécurise l'accès au navire. Sur les car-ferries, il participe au guidage des véhicules sur le pont garage. Ces manœuvres répétées dans des conditions parfois difficiles (vent, courant, marée) exigent une maîtrise technique et une vigilance constante.
Veille en navigation
Pendant la traversée, le matelot assure la veille visuelle depuis la passerelle ou les ailerons, en complément des systèmes radar et AIS. Il signale au capitaine tout obstacle, navire, débris flottant ou changement de conditions. Cette veille est une obligation réglementaire imposée par la Convention COLREG (règle 5).
Sécurité et passagers
Le matelot a un rôle assigné dans le rôle d'appel : en cas d'urgence, il participe au rassemblement des passagers, à la distribution des gilets de sauvetage, et à la mise à l'eau des radeaux. Au quotidien, il veille au respect des consignes de sécurité par les passagers et assiste les personnes à mobilité réduite.
Entretien
Le matelot participe à l'entretien courant du navire : peinture, nettoyage des ponts, graissage des équipements de pont, vérification des équipements de sauvetage. Ce travail d'entretien, souvent réalisé entre les rotations ou lors des périodes de faible activité, est essentiel pour maintenir le navire en bon état et prolonger sa durée de vie.
Formation
La formation initiale de matelot est le CAP maritime de matelot, préparé en 2 ans dans l'un des 12 lycées professionnels maritimes de France (Le Guilvinec, Paimpol, Saint-Malo, Fécamp, Boulogne, Bastia, etc.). La formation alterne cours théoriques (navigation, matelotage, sécurité, anglais maritime) et embarquements. Le CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité) est délivré pendant la formation[2].
Évolution de carrière
Le matelot peut évoluer vers le poste de bosco (maître d'équipage), puis, avec des formations complémentaires et de l'expérience de navigation, vers les brevets d'officier : Lieutenant 200, puis Capitaine 200 ou 500. La filière est méritocratique : plusieurs capitaines de navires côtiers ont commencé comme matelots. L'OPCO Mobilités finance les formations de montée en compétences[3].