Le régime de retraite des marins, géré par l'ENIM, est l'un des plus anciens régimes spéciaux de France, fondé sous Colbert en 1673. Il reconnaît la pénibilité du travail en mer par un âge de départ à la retraite anticipé (55 ans, contre 62-64 ans dans le régime général) et des conditions de calcul avantageuses. Ce régime est un élément structurant de l'attractivité du statut de marin[1].
Les fondamentaux
Âge minimum : 55 ans avec 25 ans de services (50 ans avec 15 ans au commerce ou à la pêche). Taux plein : 37,5 annuités. Calcul : pension = salaire forfaitaire des 3 meilleures années × taux de liquidation. Le salaire forfaitaire est fixé par catégorie professionnelle, indépendant du salaire réel. Le régime est déficitaire et subventionné par l'État.
Conditions de départ
Le marin peut liquider sa pension à partir de 55 ans s'il justifie de 25 années de services (annuités validées auprès de l'ENIM). Des départs plus précoces sont possibles à 50 ans avec 15 ans de services au commerce ou à la pêche. Des bonifications sont accordées pour les services accomplis dans des conditions particulières (navigation dans les zones dangereuses, embarquement sur certains types de navires)[2].
Calcul de la pension
La pension est calculée sur la base du salaire forfaitaire des 3 meilleures années de cotisation (transition vers les 25 meilleures années pour les pensions liquidées après 2017). Le taux plein est atteint avec 37,5 annuités. Ce mode de calcul sur le salaire forfaitaire — fixé par arrêté ministériel selon la catégorie professionnelle — est une spécificité du régime maritime. Il peut être avantageux ou désavantageux selon l'écart entre le salaire réel et le salaire forfaitaire.
Réformes et avenir
Le régime ENIM, structurellement déficitaire (ratio de 4 pensionnés pour 1 actif), bénéficie d'une subvention d'équilibre de l'État. Les réformes successives des retraites ont progressivement rapproché certains paramètres du régime général (durée de cotisation, décote/surcote), tout en préservant l'âge de départ anticipé au titre de la pénibilité reconnue. L'avenir du régime dépend de l'évolution de la démographie maritime et des choix politiques[3].