La rémunération des marins du transport côtier de passagers est encadrée par la convention collective nationale 3228 et ses avenants salariaux négociés régulièrement entre les partenaires sociaux. Le salaire de base est complété par des primes et indemnités spécifiques au monde maritime : nourriture, embarquement, insularité, heures supplémentaires. Le salaire forfaitaire servant de base aux cotisations ENIM est distinct du salaire réel[1].
L'essentiel
Ordres de grandeur des salaires bruts mensuels (base temps plein, hors primes, données indicatives) : matelot débutant 1 800 à 2 200 €, matelot confirmé 2 200 à 2 600 €, bosco 2 500 à 3 000 €, mécanicien 2 500 à 3 200 €, second capitaine 3 000 à 3 800 €, capitaine 3 500 à 5 000 €. Ces montants varient selon l'ancienneté, la taille du navire, et la compagnie.
Structure de la rémunération
Salaire de base
Le salaire de base est fixé par la grille de classification de la CCN 3228, en fonction du poste (matelot, officier, capitaine), de l'échelon (lié à l'ancienneté) et de la catégorie du navire (jauge, puissance). Les grilles sont révisées par avenants négociés annuellement et étendus par arrêté ministériel.
Prime de nourriture
Lorsque la nourriture n'est pas fournie à bord, le marin perçoit une indemnité compensatrice de nourriture. Cette prime, fixée par la convention collective, représente un complément significatif (environ 10 à 15 € par jour d'embarquement). Sur les navires côtiers effectuant des rotations en journée (le marin ne dort pas à bord), la question de la fourniture des repas est un sujet de négociation récurrent[2].
Heures supplémentaires
Le régime des heures supplémentaires est défini par la CCN 3228 et le Code des transports. Les heures au-delà de la durée conventionnelle de travail sont majorées (25 % pour les 8 premières heures supplémentaires hebdomadaires, 50 % au-delà). Sur les navires côtiers à rotations intensives (haute saison), les heures supplémentaires peuvent représenter un complément de rémunération substantiel.
Autres primes
Selon les compagnies et les accords d'entreprise : prime d'insularité (affectation sur une liaison insulaire), prime de dimanche et jours fériés, prime de fin d'année (13e mois), indemnité de déplacement (quand le marin ne réside pas à proximité du port d'attache), et intéressement aux résultats de l'entreprise.
Salaire forfaitaire ENIM
Les cotisations sociales ENIM (maladie, retraite, AT/MP) sont assises non pas sur le salaire réel, mais sur un salaire forfaitaire fixé par catégorie professionnelle et publié annuellement par arrêté. Ce système, propre au régime maritime, peut créer des écarts entre le salaire réel et l'assiette de cotisation. Il impacte aussi le montant de la pension de retraite, calculée sur la base du salaire forfaitaire des meilleures années[3].
Comparaison et attractivité
La rémunération dans le transport côtier est compétitive par rapport aux métiers terrestres de qualification comparable, d'autant que les marins bénéficient d'un régime de retraite anticipée (55 ans). Cependant, les contraintes du métier (horaires décalés, travail le week-end, conditions météo, éloignement familial pour les liaisons insulaires) doivent être mises en balance. L'attractivité salariale est un levier important pour répondre aux difficultés de recrutement que rencontrent certaines compagnies côtières.