Temps de travail embarqué : horaires, repos et congés des marins
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Le temps de travail des marins est régi par la MLC 2006, le Code des transports et la CCN 3228. Le travail en continu pendant les périodes d'embarquement impose des règles spécifiques[1].
Ce que dit le terrain
Durée maximale : 14 h/24 h et 72 h/7 jours. Repos minimum : 10 h/24 h (fractionnables en 2 périodes, dont une de 6 h minimum). Congés : 3 jours par mois d'embarquement. Le système de relève assure la continuité du service.
Organisation sur les navires côtiers
Sur les passages d'eau, les marins travaillent en journée continue — embarquement le matin, débarquement le soir. Un navire effectuant 10 à 15 rotations/jour implique des manœuvres toutes les 20 à 45 minutes. Les périodes de haute saison sont particulièrement chargées[2].
Repos et congés
Les marins bénéficient de 3 jours de congé par mois d'embarquement (36 jours/an), plus les repos compensateurs. Le système de relève prévoit un remplacement pendant les congés pour assurer la continuité de la DSP.
Enregistrement et contrôle
Le capitaine tient un registre des heures de travail et de repos, contrôlé par les inspecteurs des CSN. Le non-respect des durées maximales est une infraction[3].
Fatigue et sécurité
La fatigue est un facteur contributif majeur dans les accidents maritimes. Les armateurs avancés mettent en place des politiques de gestion de la fatigue au-delà des obligations réglementaires.
Le cadre réglementaire
Le temps de travail des marins est encadré à trois niveaux : la Convention du travail maritime (MLC 2006) fixe les limites internationales (14 heures maximum par période de 24 heures, 72 heures par semaine), le Code des transports transpose ces règles en droit français, et la CCN 3228 prévoit des dispositions plus favorables pour les marins du transport côtier de passagers.
La réalité du rythme côtier
Sur un passage d'eau type, la journée commence vers 5h30 avec les vérifications pré-appareillage : systèmes de navigation, niveaux de carburant, équipements de sécurité, état de la passerelle d'embarquement. Puis s'enchaînent 10 à 15 rotations quotidiennes, chaque traversée durant 10 à 45 minutes selon la ligne. Les manœuvres d'accostage — les moments de plus haute concentration — se succèdent toutes les 20 à 45 minutes. La journée se termine entre 19h et 20h.
Ce rythme est radicalement différent de celui du long cours (où le marin reste embarqué des semaines) : le marin côtier rentre chez lui chaque soir, mais son travail est une succession quasi ininterrompue de manœuvres à forte charge cognitive et physique. La fatigue est un enjeu majeur, particulièrement en haute saison quand les rotations s'intensifient.
Repos et congés spécifiques
La CCN 3228 prévoit un repos minimum de 10 heures par période de 24 heures, fractionnables en deux périodes dont une d'au moins 6 heures consécutives. Les marins bénéficient de 3 jours de congé par mois d'embarquement (soit 36 jours par an), auxquels s'ajoutent les repos compensateurs pour les heures supplémentaires et le travail les dimanches et jours fériés. Le système de relève garantit la continuité du service : quand un marin part en congé, un remplaçant qualifié prend sa place à bord.
Le registre des heures de travail
Le capitaine tient un registre des heures de travail et de repos pour chaque marin, conformément à la MLC 2006. Ce registre est contrôlé lors des visites de sécurité des Centres de Sécurité des Navires (CSN). Le non-respect des durées maximales de travail ou des repos minimaux constitue une infraction pénale. Les armateurs les plus avancés utilisent des systèmes numériques d'enregistrement qui facilitent le suivi et la conformité.