Les armateurs France — compagnies maritimes françaises exploitant des navires de transport de passagers — sont une trentaine à opérer sur le littoral métropolitain et ultramarin. Ce guide présente l'ensemble des armateurs français de transport côtier de passagers : compagnies, liaisons, réglementation, métiers et transition écologique.

La France compte une trentaine de compagnies de transport maritime côtier de passagers, exploitant environ 110 navires sur les quatre façades maritimes métropolitaines et dans les territoires ultramarins. Ces armateurs — du latin armator, celui qui arme un navire — — les armateurs France (ou armateurs français) — assurent un service public essentiel : la continuité territoriale des îles, la traversée des estuaires, et la mobilité urbaine littorale. Ils transportent collectivement près de 20 millions de passagers par an[1].

En quelques chiffres

une trentaine de compagnies, ~110 navires, ~20 millions de passagers/an, ~4 000 marins. Les armateurs côtiers français opèrent principalement dans le cadre de délégations de service public (DSP) attribuées par les collectivités territoriales. Le secteur est engagé dans une transition écologique ambitieuse avec 42 navires à renouveler d'ici 2040.

Qu'est-ce qu'un armateur ?

L'armateur est la personne physique ou morale qui exploite un navire en son nom, qu'il en soit ou non propriétaire. Le Code des transports (article L5411-1) définit l'armateur comme « celui qui exploite le navire en son nom, qu'il en soit ou non propriétaire ». L'armateur est responsable de l'équipage (qu'il emploie via un contrat d'engagement maritime), de l'entretien du navire, de la sécurité de la navigation, et du respect de la réglementation maritime.

Dans le transport côtier de passagers, l'armateur opère le plus souvent comme délégataire d'une collectivité publique : il exploite le service de transport pour le compte de la collectivité, dans le cadre d'un contrat de DSP qui fixe les lignes, les fréquences, les tarifs et les exigences de qualité.

Les compagnies de transport côtier en France

Façade atlantique et Manche

La façade atlantique concentre le plus grand nombre de compagnies, au service des 13 îles du Ponant et des passages d'estuaire. Les principales compagnies desservent Ouessant, Molène, Sein (Penn Ar Bed — Finistère), Bréhat, Batz (Finistère et Côtes-d'Armor), Groix, Belle-Île, Houat, Hoëdic (Compagnie Océane — Morbihan), l'Île-d'Yeu (Compagnie Yeu Continent — Vendée), et les passages de la Gironde, de la Loire et de la Seine[2].

Méditerranée

En Méditerranée, les armateurs desservent les îles d'Hyères (Porquerolles, Port-Cros, Le Levant), les îles de Lérins (Cannes), les îles du Frioul (Marseille), et assurent les navettes de rade de Toulon et Marseille. La desserte de la Corse depuis le continent est assurée par des compagnies de plus grande taille dans le cadre d'une DSP spécifique gérée par la Collectivité de Corse[3].

Outre-mer

Les territoires ultramarins comptent plusieurs armateurs de transport côtier : liaisons inter-îles en Guadeloupe (vers Les Saintes, Marie-Galante, La Désirade), navettes de la baie de Fort-de-France en Martinique, barge de Mamoudzou-Dzaoudzi à Mayotte, et liaisons Tahiti-Moorea en Polynésie française.

Chiffres clés du secteur

IndicateurValeurSource
Compagnies de transport côtier~30DGAMPA, 2024
Navires en exploitation~110DGAMPA
Passagers transportés par an~20 millions (est.)SDES
Marins professionnels~4 000DGAMPA
Navires en plan de renouvellement d'ici 204042Le Marin
Îles du Ponant desservies15Îles du Ponant

Pour un panorama détaillé, consultez notre page chiffres clés du transport maritime côtier.

Le cadre juridique de l'armateur côtier

L'activité d'armateur de transport côtier de passagers est encadrée par un corpus réglementaire dense :

Le navire doit être francisé (inscrit sous pavillon français) et conforme à la Division 190 (sécurité des navires à passagers). Il est inspecté par une société de classification (Bureau Veritas, DNV) et par les centres de sécurité des navires de la DGAMPA.

L'équipage est composé de marins professionnels titulaires de brevets STCW, employés sous convention collective 3228 et affiliés à l'ENIM pour la protection sociale.

L'armateur est soumis au règlement européen sur le cabotage, au règlement sur les droits des passagers, à la Convention MLC 2006, et à la Convention d'Athènes sur la responsabilité envers les passagers.

La transition écologique des armateurs côtiers

Le secteur est engagé dans une transformation profonde, portée par le plan de renouvellement de 42 navires d'ici 2040. Les armateurs investissent dans les propulsions alternatives : électrique, hydrogène, bioGNL, propulsion vélique. Les normes européennes (FuelEU Maritime, ETS) accélèrent cette transition en rendant le diesel marin progressivement plus coûteux.

Les chantiers navals français (Piriou, Socarenam, Ocea, CMN) se positionnent pour construire ces navires de nouvelle génération, tandis que les ports s'équipent en infrastructures de recharge et d'avitaillement.

Les métiers de l'armement côtier

Un armateur de transport côtier emploie des capitaines, des mécaniciens, des matelots, du personnel hôtelier, et des boscos. La formation est assurée par l'ENSM et les lycées professionnels maritimes, financée par l'OPCO Mobilités. Le secteur fait face à des défis de recrutement et travaille à renforcer son attractivité, notamment auprès des personnes en reconversion professionnelle.

Devenir armateur en France

Créer une compagnie de transport maritime de passagers nécessite un navire francisé et classé, un certificat de sécurité délivré après visite par le centre de sécurité des navires, un équipage qualifié (brevets STCW), une assurance responsabilité civile passagers, une autorisation d'exploitation, et — pour les lignes régulières de service public — l'attribution d'une DSP après appel d'offres.

L'économie du secteur repose sur l'équilibre entre recettes commerciales et compensations de service public. L'investissement dans un navire neuf représente 5 à 40 millions d'euros, finançable par les dispositifs détaillés dans notre article sur le financement du verdissement.

Les armateurs en France : organisations professionnelles

Les armateurs de transport côtier de passagers sont représentés par des organisations professionnelles de branche qui négocient la convention collective, portent les intérêts du secteur auprès des pouvoirs publics, et coordonnent les actions collectives (transition écologique, formation, sécurité). Ces organisations sont les interlocuteurs des collectivités, de la DGAMPA, et des institutions européennes.

Au niveau national, Armateurs de France représente l'ensemble des armateurs français de commerce, tous segments confondus (conteneurs, vrac, passagers, offshore, croisière). Le Cluster Maritime Français fédère plus largement les acteurs de l'économie maritime.

Carte des liaisons

Pour une vue d'ensemble géographique, consultez notre cartographie des lignes de transport maritime côtier en France.