Le transport maritime côtier de passagers en France rassemble les liaisons régulières de courte et moyenne distance : dessertes insulaires, passages d'eau, navettes urbaines maritimes. Ce secteur, souvent méconnu du grand public, représente un réseau de transport public structurant pour les territoires littoraux et insulaires[1].

Les chiffres essentiels

une trentaine de compagnies adhérentes au groupement professionnel du secteur. 42 navires inscrits dans un plan de renouvellement d'ici 2040. Environ 20 millions de passagers transportés par an sur les liaisons côtières métropolitaines et ultramarines.

Les acteurs

Indicateur Valeur Source
Compagnies de transport côtier 27 DGAMPA, 2024
Membres experts associés 3 Organisations professionnelles, 2024
Passagers par an (estimation) ~20 millions SDES, Bilan annuel des transports
Navires en plan de renouvellement d'ici 2040 42 Plan de renouvellement des flottes, 2024
Marins professionnels (estimation) ~4 000 DGAMPA, Registre des gens de mer

Le trafic passagers

Le volume de passagers transportés par les liaisons côtières varie considérablement selon les lignes et les saisons. Les liaisons les plus fréquentées sont les navettes urbaines (rade de Toulon : plusieurs millions de passagers par an), les dessertes des grandes îles proches (Belle-Île, Groix, Yeu, Porquerolles) et les liaisons ultramarines (barge de Mayotte)[2].

La saisonnalité est un trait marquant du secteur. Sur les liaisons touristiques, le trafic estival (juillet-août) peut représenter 50 % à 60 % du trafic annuel. Les liaisons insulaires à l'année connaissent un ratio de 1 à 5 entre la fréquentation hivernale et le pic estival. Cette saisonnalité pèse sur l'équilibre économique des exploitants et sur le dimensionnement des navires.

La flotte

La flotte côtière française se compose de navires de types très divers : ferries rouliers (capacité de 200 à 800 passagers avec véhicules), vedettes à passagers (50 à 300 passagers, sans véhicules), et navettes urbaines (50 à 200 passagers). L'âge moyen de la flotte est un enjeu majeur : une partie significative des navires en service a été construite dans les années 1990 et 2000, et le plan de renouvellement de 42 unités d'ici 2040 vise à moderniser ce parc tout en intégrant les nouvelles technologies de propulsion propre.

L'emploi

Le transport maritime côtier emploie environ 4 000 marins professionnels (estimation basée sur le Registre des gens de mer de la DGAMPA), auxquels s'ajoutent les personnels à terre (exploitation, commercial, maintenance, administration). Ces emplois, par nature non délocalisables, constituent un levier d'emploi structurant pour les territoires littoraux.

Les métiers embarqués relèvent de la convention collective nationale 3228 et du statut de marin professionnel, avec une affiliation à l'ENIM (Établissement national des invalides de la marine) pour la protection sociale.

Poids économique

Au-delà de l'emploi direct, le transport maritime côtier génère un effet d'entraînement sur l'économie littorale : chantiers navals de maintenance et de construction, fournisseurs d'équipements, infrastructures portuaires, activités touristiques rendues possibles par les dessertes. L'impact économique indirect est estimé à un multiplicateur de 2 à 3 par rapport à l'emploi direct, selon les études du Cluster Maritime Français[3].