Le transport maritime côtier est-il plus performant que la route ? La réponse dépend du critère choisi. En termes de bilan carbone, le ferry électrique est imbattable. En termes de temps de trajet, la route est souvent plus rapide — sauf quand il y a un estuaire ou un détroit à traverser. En termes de coût pour la collectivité, le maritime nécessite des infrastructures lourdes mais offre une capacité de transport élevée[1].
Les fondamentaux
Le maritime côtier est pertinent quand la géographie l'impose (île, estuaire, rade), quand la congestion routière rend l'alternative terrestre peu fiable (métropoles littorales), quand le bilan carbone est un critère (ferry électrique vs voiture), et quand le volume de passagers justifie une ligne régulière. Il n'est pas pertinent pour les trajets terrestres directs sans obstacle géographique.
Temps de trajet
Le ferry est compétitif quand il offre un raccourci géographique : traversée d'un estuaire (5-15 minutes) vs contournement routier (30-60 minutes). En revanche, pour une liaison insulaire, le temps total (trajet vers le port + attente + traversée + trajet depuis le port) est souvent supérieur au temps de trajet théorique s'il y avait un pont — mais le pont n'existe pas, ce qui rend la comparaison sans objet[2].
Bilan carbone
Un ferry diesel émet 100 à 250 gCO₂e/pkm, comparable à une voiture avec 1 à 2 occupants. Un ferry électrique alimenté par le mix français descend sous les 20 gCO₂e/pkm, soit 5 à 10 fois moins qu'une voiture. Le transport de véhicules sur le ferry dégrade le bilan (le navire transporte le poids du véhicule en plus du passager).
Capacité et congestion
Un ferry de 400 passagers remplace 200 à 300 voitures par rotation. Sur les axes littoraux congestionnés, les navettes urbaines maritimes offrent une alternative crédible à la voiture, à condition d'être bien connectées au réseau de transport (intermodalité)[3].