Le transport maritime côtier de passagers en France a une histoire multiséculaire. Des bacs à rames et à voile du Moyen Âge aux ferries électriques du XXIe siècle, les passages d'eau ont toujours été des liens vitaux entre les territoires séparés par la mer ou les estuaires[1].
En quelques chiffres
Les passages d'eau existent depuis l'Antiquité. La motorisation apparaît au XIXe siècle (vapeur). Le XXe siècle voit la construction de ponts qui suppriment certains passages (pont de Tancarville 1959, pont de l'Île de Ré 1988) tout en renforçant l'importance des liaisons vers les îles non reliées. Le XXIe siècle est marqué par la transition écologique et le renouvellement des flottes.
Des bacs aux vapeurs
Les premiers passages d'eau documentés remontent au Moyen Âge : bacs à rames traversant les estuaires (Loire, Gironde, Seine). La Révolution française nationalise les droits de passage (loi du 6 frimaire an VII). Le XIXe siècle voit l'apparition des vapeurs qui révolutionnent les traversées : régularité, capacité, vitesse[2].
Le XXe siècle : ponts et spécialisation
La construction des ponts (Tancarville 1959, Oléron 1966, Ré 1988, Normandie 1995) supprime plusieurs passages d'eau historiques. Les liaisons restantes se spécialisent dans la desserte des îles non reliées et les traversées d'estuaires où aucun pont n'est économiquement viable. Les navires se modernisent : coques en acier puis en aluminium, propulsion diesel, capacité croissante en véhicules.
Le XXIe siècle : la transition
Le transport côtier de passagers connaît un renouveau porté par les enjeux de mobilité durable, de désengorgement routier (navettes urbaines), et de continuité territoriale. La transition vers les propulsions propres et le renouvellement de 42 navires d'ici 2040 ouvrent un nouveau chapitre de cette histoire[3].
Du passeur au ferry : une transformation sur huit siècles
Les passages d'eau existent en France depuis le Moyen Âge. Les « passeurs » — souvent des bateliers locaux détenteurs d'un droit féodal — faisaient traverser les rivières et les estuaires à la rame ou à la voile. La Révolution française nationalise ces droits de passage (loi du 6 frimaire an VII, 1798), posant les bases du service public de transport fluvial et maritime. Au XIXe siècle, la vapeur transforme le métier : régularité, capacité accrue, indépendance vis-à-vis du vent et de la marée. Les premiers services de « steamers » vers les îles bretonnes apparaissent dans les années 1850-1870.
Le XXe siècle : concurrence et spécialisation
La construction des grands ponts a supprimé de nombreux passages d'eau historiques : pont de Tancarville (1959), viaduc d'Oléron (1966), pont de l'île de Ré (1988), pont de Normandie (1995). Chaque pont a signé l'arrêt de mort d'un bac centenaire. Mais les liaisons vers les îles non reliées (15 Îles du Ponant, îles d'Hyères, îles de Lérins) et les traversées d'estuaires où aucun pont n'est techniquement ou économiquement viable (Gironde, basse Seine) ont survécu et se sont modernisées : coques en acier puis en aluminium, ponts garages pour les véhicules, systèmes de navigation électronique.
Le XXIe siècle : renaissance et transition
Le transport côtier de passagers connaît aujourd'hui un renouveau porté par trois dynamiques. La mobilité durable d'abord : les navettes maritimes urbaines (Toulon, Lorient, Marseille) offrent une alternative concrète à la voiture dans les métropoles littorales congestionnées. La continuité territoriale ensuite : les collectivités investissent dans le renouvellement des flottes insulaires pour maintenir des services de qualité. La transition écologique enfin : les 42 navires à renouveler d'ici 2040 seront à propulsion hybride, électrique ou à carburant alternatif — ouvrant un nouveau chapitre de l'histoire millénaire des passages d'eau.