La décision d'appareiller — ou de maintenir le navire à quai — est l'une des responsabilités les plus lourdes du capitaine d'un navire côtier de passagers. Elle engage la sécurité des passagers, la continuité du service public, et la responsabilité pénale du commandant. La météo marine — bulletins Météo-France, BMS (Bulletins Météorologiques Spéciaux), observations locales — est l'outil clé de cette décision[1].

Repères

Chaque liaison a des seuils d'exploitation définis dans le contrat de DSP et les consignes de la compagnie : force du vent maximale (40 à 60 nœuds selon les navires), hauteur de houle maximale (1,5 à 4 mètres selon les lignes), et visibilité minimale (500 mètres à 1 mille). Au-delà de ces seuils, le capitaine suspend le service. La décision est souveraine : ni l'armateur ni la collectivité ne peuvent obliger un capitaine à appareiller.

Les bulletins météo

Le capitaine consulte le bulletin côtier Météo-France (prévisions à 24-48h), les BMS (alertes de vent fort, coup de vent, tempête), les données en temps réel des sémaphores et des stations côtières (vent, houle, pression), et les observations visuelles depuis le port. Sur les liaisons exposées (Ouessant, Sein), la consultation du CROSS est systématique[2].

Seuils d'exploitation

Les seuils varient selon le navire (taille, stabilité, puissance), la liaison (exposition, distance, chenalisation) et la saison (houle de fond hivernale). Un petit navire de 150 passagers sera limité à force 6, tandis qu'un ferry de 600 passagers pourra naviguer jusqu'à force 8. Le capitaine peut aussi décider de suspendre le service en deçà des seuils s'il juge les conditions dangereuses.

Communication aux passagers

En cas de suspension, la compagnie informe les passagers par tous les canaux disponibles (site web, application, réseaux sociaux, affichage en gare maritime, annonces radio). Le règlement 1177/2010 impose des obligations d'information et d'assistance en cas d'annulation[3].