Sur les îles sans pont, chaque produit consommé — du pain frais au parpaing de construction — arrive par la mer. La logistique d'approvisionnement insulaire est une chaîne complexe qui combine le transport terrestre (camion jusqu'au port), le chargement sur le ferry (pont garage ou conteneur), la traversée maritime, et la distribution sur l'île[1].

Les fondamentaux

Les navires ro-pax (roulier-passagers) transportent simultanément des passagers et du fret (véhicules, camions frigorifiques, palettes). Sur certaines îles, un navire cargo dédié complète la desserte passagers. La régularité de l'approvisionnement conditionne la viabilité économique de l'île : une interruption de service de 48 heures vide les rayons des commerces.

La chaîne logistique

Un camion frigorifique charge à la centrale d'achat du continent, se présente au port d'embarquement 30 minutes avant le départ, embarque sur le pont garage du ferry, traverse, débarque sur l'île, et livre les commerces. Le processus est répété quotidiennement. La capacité du pont garage (exprimée en mètres linéaires) détermine le volume de fret transportable par rotation[2].

Surcoût logistique

Le coût du transport maritime s'ajoute au coût du transport terrestre, générant un surcoût de 10 à 30 % sur les produits de consommation courante. Ce surcoût est plus marqué pour les produits lourds et volumineux (matériaux de construction, mobilier) et pour les produits frais (contrainte de la chaîne du froid).

Résilience et stockage

Les commerçants insulaires gèrent des stocks tampon pour faire face aux interruptions de service (tempêtes, pannes). Les services essentiels (pharmacie, station-service) maintiennent des réserves de sécurité. La collectivité peut imposer des obligations de stockage minimum dans le contrat de DSP[3].