La France n'est pas le seul pays européen à devoir desservir des îles habitées par voie maritime. La Norvège (avec ses fjords et ses 50 000 îles), l'Écosse (CalMac, 50 ferries), la Grèce (6 000 îles dont 200 habitées), l'Italie (Sicile, Sardaigne, îles mineures), et la Croatie (1 200 îles) ont développé des modèles variés, riches d'enseignements pour les collectivités françaises[1].

En quelques chiffres

La Norvège est le leader mondial du ferry électrique (70+ navires). L'Écosse a nationalisé son opérateur (CalMac) après des difficultés avec la concession privée. La Grèce subventionne massivement les lignes non rentables (programme ANEK). L'Italie impose une continuité territoriale constitutionnelle. Chaque modèle reflète des choix politiques différents sur le rapport entre marché et service public.

Norvège : le modèle électrique

La Norvège impose depuis 2022 la propulsion zéro émission pour toutes les nouvelles concessions de ferry dans les fjords. Le résultat : plus de 70 ferries électriques en service, les coûts d'exploitation réduits de 50 %, et une filière industrielle norvégienne de pointe (Havyard, Fjellstrand). Le modèle est financé par les revenus pétroliers et une fiscalité carbone élevée[2].

Écosse : l'opérateur public

CalMac (Caledonian MacBrayne), opérateur public, exploite 33 routes avec 50 ferries vers les Hébrides et les îles de la Clyde. Le modèle public garantit la continuité de service mais pose des questions de coût et d'investissement (retards de livraison des navires neufs).

Grèce : la subvention massive

La Grèce subventionne les lignes insulaires non rentables (200+ îles habitées) via des appels d'offres annuels. Le modèle garantit la desserte mais avec une qualité variable et des navires souvent âgés[3].