La forte saisonnalité du transport côtier de passagers — le trafic estival peut être 5 à 10 fois supérieur au trafic hivernal — impose une gestion spécifique de l'emploi. Les compagnies maintiennent un effectif permanent à l'année et recrutent des renforts saisonniers pour couvrir le pic d'été[1].

Synthèse

Les CDD saisonniers maritimes (contrats d'engagement maritime à durée déterminée) représentent 20 à 40 % des effectifs embarqués en haute saison. Le recrutement commence dès janvier-février pour un embarquement en avril-mai. Les profils recherchés sont des matelots qualifiés, des mécaniciens brevetés, et du personnel hôtelier.

Le cycle annuel de l'emploi

De novembre à mars : effectif réduit, rotations limitées, période de carénage et de maintenance. D'avril à juin : montée en puissance, recrutement des saisonniers, formation aux procédures du navire. De juillet à septembre : plein régime, équipages renforcés, navires supplémentaires affrétés. D'octobre : démobilisation progressive des saisonniers[2].

Enjeux sociaux

La saisonnalité pose des questions de précarité pour les marins saisonniers (discontinuité de revenus, accès au logement en zone touristique). La convention collective CCN 3228 encadre les CDD maritimes saisonniers et prévoit une priorité de réembauche d'une saison à l'autre. Certaines compagnies fidélisent leurs saisonniers en leur proposant des formations hors saison financées par l'OPCO Mobilités[3].

Vers une désaisonnalisation ?

Le développement des navettes urbaines maritimes, dont le trafic est plus régulier (mobilité pendulaire), et la diversification vers le tourisme toute saison contribuent à atténuer la saisonnalité de l'emploi dans certaines compagnies.