Depuis le 1er janvier 2021, la résolution MSC.428(98) de l'OMI impose à toutes les compagnies maritimes d'intégrer la gestion des cyber-risques dans leur système de gestion de la sécurité (SGS), conformément au Code ISM. Pour les armateurs de transport côtier de passagers, dont les navires sont de plus en plus connectés et digitalisés, cette exigence est désormais incontournable[1].

À retenir

Les systèmes vulnérables à bord d'un ferry côtier incluent la navigation (ECDIS, GPS, AIS), la propulsion (automates de contrôle moteur, BMS des batteries), la gestion des passagers (billettique, comptage), et les communications (VHF, satellite, wifi). Une cyberattaque pourrait compromettre la sécurité de la navigation, désactiver les systèmes de propulsion, ou voler les données des passagers.

Exigences de la résolution

L'OMI n'impose pas de standard technique spécifique mais exige que l'armateur identifie les systèmes IT et OT (operational technology) à bord, évalue les risques cyber pour chaque système, mette en place des mesures de protection (pare-feu, segmentation réseau, mises à jour), prépare un plan de réponse aux incidents, et forme les équipages à la vigilance cyber. Ces éléments doivent être documentés dans le SGS et vérifiés lors des audits ISM[2]. Un navire opérant en France est soumis simultanément aux normes internationales (OMI), européennes (UE) et françaises — c'est la plus restrictive des trois qui s'applique.

Menaces spécifiques au transport côtier

Les ferries côtiers sont exposés au GPS spoofing (fausse position transmise au système de navigation), aux ransomwares ciblant les systèmes de billettique ou de gestion, au phishing visant les équipages (accès aux systèmes via des mails frauduleux), et à la compromission des systèmes de gestion de batteries (BMS) sur les navires électriques.

Cadre européen : NIS2

La directive NIS2 (UE 2022/2555), transposée en droit français, classe le transport maritime comme secteur « essentiel » soumis à des obligations renforcées de cybersécurité : notification des incidents, audits de sécurité, et responsabilité de la direction. Les armateurs de transport côtier de passagers sont concernés au-delà d'un certain seuil de chiffre d'affaires ou d'effectifs[3].