L'ammoniac (NH₃) est un carburant zéro carbone à la combustion : sa molécule ne contient pas de carbone, donc pas d'émissions de CO₂ lors de sa combustion. Produit à partir d'hydrogène vert et d'azote de l'air, l'ammoniac vert est considéré par l'OMI et les grandes compagnies maritimes comme un candidat sérieux pour le remplacement du fuel lourd dans le transport maritime hauturier[1].

Pourquoi c'est important

L'ammoniac est pertinent pour le transport maritime au long cours (porte-conteneurs, vraquiers) grâce à sa densité énergétique et sa facilité de stockage. Pour le transport côtier de passagers, il est peu adapté : sa toxicité aiguë (mortel par inhalation) pose un risque inacceptable pour les passagers en cas de fuite. L'électrique et l'hydrogène sont préférés pour les navires à passagers.

Production d'ammoniac vert

L'ammoniac est produit industriellement par le procédé Haber-Bosch (combinaison d'azote et d'hydrogène sous haute pression et haute température). L'ammoniac « vert » utilise de l'hydrogène produit par électrolyse de l'eau à partir d'électricité renouvelable, au lieu d'hydrogène fossile (vaporeformage du gaz naturel). Le coût de production est encore élevé (1 000 à 1 500 €/tonne) mais devrait baisser avec l'industrialisation[2].

Risques et contraintes

L'ammoniac est hautement toxique (seuil mortel : 300 ppm pendant 30 minutes), corrosif, et dégage des oxydes d'azote (NOx) à la combustion. Son utilisation à bord nécessite des systèmes de sécurité draconiens : double enveloppe, détection de fuites, ventilation forcée, formation spécifique de l'équipage. L'OMI travaille sur un code de sécurité spécifique (IGF Code amendé) pour encadrer son utilisation[3].

Pertinence pour le transport côtier

Pour les navires à passagers côtiers, le risque toxicologique est rédhibitoire dans l'état actuel de la technologie. Les solutions privilégiées restent l'électrique à batteries pour les traversées courtes et l'hydrogène (pile à combustible) pour les traversées moyennes. L'ammoniac pourrait trouver sa place dans le transport côtier de fret (sans passagers) à moyen terme.