Le biofouling — colonisation de la coque par des organismes marins (algues, balanes, moules) — augmente la traînée hydrodynamique d'un navire de 10 à 40 %, entraînant une surconsommation de carburant proportionnelle. Les peintures antifouling conventionnelles utilisent des biocides cuivrés toxiques pour le milieu marin. Des alternatives écologiques émergent : revêtements silicone, ultrasons, et biocides naturels[1].

Ce qu'il faut savoir

Pour un ferry côtier, réduire le biofouling de 30 % économise 5 à 15 % de carburant — soit plusieurs dizaines de milliers d'euros par an et une réduction proportionnelle des émissions de CO₂. Les revêtements silicone (type Intersleek, Hempel Silic One) offrent une surface ultra-lisse qui empêche l'adhérence des organismes sans libérer de biocide.

Antifouling conventionnel : le problème du cuivre

Les peintures antifouling à base d'oxyde cuivreux libèrent du cuivre dans l'eau pour tuer les organismes colonisateurs. Efficace, mais toxique : le cuivre s'accumule dans les sédiments portuaires et contamine la chaîne alimentaire marine. Les réglementations (Convention AFS de l'OMI, directive biocides européenne) restreignent progressivement l'usage des antifouling cuivrés[2].

Alternatives

Les revêtements silicone (foul-release coatings) créent une surface à très faible énergie de surface sur laquelle les organismes ne peuvent pas s'accrocher. Les systèmes à ultrasons émettent des fréquences qui perturbent la fixation des larves. Les biocides naturels (extraits d'algues, enzymes) offrent une protection biodégradable. La combinaison de plusieurs approches (coating silicone + nettoyage robotisé régulier) donne les meilleurs résultats.

Impact sur l'écoconception

Le choix de l'antifouling fait partie intégrante de l'écoconception navale. Pour les navires à propulsion électrique, où chaque kilowattheure compte, la performance hydrodynamique de la coque est encore plus critique[3].