La gestion des déchets solides et des eaux usées à bord des navires de passagers est encadrée par la Convention MARPOL de l'Organisation Maritime Internationale. Pour les ferries côtiers, qui opèrent à proximité des côtes et dans des zones écologiquement sensibles, les obligations sont particulièrement strictes : aucun rejet en mer n'est toléré dans la plupart des cas, et les déchets doivent être débarqués dans des installations de réception portuaires[1].
Ce qu'il faut savoir
L'Annexe IV de MARPOL réglemente le rejet des eaux usées (eaux noires des toilettes, eaux grises des douches et cuisines). L'Annexe V interdit le rejet de déchets solides en mer. La directive européenne 2019/883 impose aux ports de fournir des installations de réception adéquates. Les ferries côtiers stockent généralement tous les effluents à bord pour débarquement au port.
Les eaux usées
Eaux noires
Les eaux noires (eaux des toilettes) sont les plus réglementées. L'Annexe IV de MARPOL interdit leur rejet en mer à moins de 12 milles nautiques des côtes, sauf si le navire dispose d'une station d'épuration agréée. Pour les navires côtiers, qui opèrent en permanence à moins de 12 milles, le stockage en cuves à bord et le pompage au port sont la norme.
Eaux grises
Les eaux grises (lavabos, douches, cuisines, buanderie) ne sont pas encore réglementées au niveau mondial par MARPOL, mais la Convention HELCOM (mer Baltique) les interdit et la réglementation européenne évolue vers leur encadrement. Les navires récents sont équipés de systèmes de traitement avancés ou de cuves de stockage dédiées.
Les déchets solides
L'Annexe V de MARPOL interdit tout rejet de déchets solides en mer, à l'exception des déchets alimentaires broyés au-delà de 12 milles (et au-delà de 3 milles dans certaines conditions). Les ferries de passagers génèrent des volumes significatifs de déchets d'emballage (restauration à bord), qui doivent être triés et débarqués au port. La directive européenne sur les plastiques à usage unique (2019/904) renforce les obligations de réduction à la source[2].
Installations de réception portuaires
La directive européenne 2019/883 relative aux installations de réception portuaires impose aux ports de fournir des équipements adaptés au type et au volume de déchets des navires qui y font escale. Le coût de ces installations est financé par une redevance obligatoire payée par tous les navires faisant escale, qu'ils débarquent des déchets ou non — ce mécanisme incite au débarquement plutôt qu'au rejet[3].
Bonnes pratiques des armateurs côtiers
Les compagnies de transport côtier les plus avancées mettent en place le tri sélectif à bord (poubelles dédiées dans les espaces passagers), la suppression progressive des plastiques à usage unique (gobelets, couverts, pailles), l'installation de fontaines à eau pour remplacer les bouteilles plastiques, et la sensibilisation des passagers par affichage. Ces démarches s'inscrivent dans les politiques RSE (responsabilité sociétale des entreprises) des armateurs et sont parfois exigées dans les cahiers des charges des DSP.