La transition écologique du transport maritime côtier ne se limite pas aux navires : elle concerne aussi les ports qui les accueillent. Un navire électrique a besoin de bornes de recharge, un navire à hydrogène d'une station d'avitaillement, un navire au GNL d'un poste de soutage spécialisé. Le concept de « port vert » désigne un port qui a adapté son infrastructure pour accueillir ces nouvelles technologies de propulsion[1].

Données clés

Le règlement européen AFIR (2023) impose le déploiement d'infrastructures de carburants alternatifs dans les ports européens d'ici 2030. Pour les ports côtiers français, cela signifie des investissements dans les bornes de recharge électrique, le shore power, et à plus long terme les stations hydrogène.

Les infrastructures nécessaires

Recharge électrique haute puissance

Les ferries électriques nécessitent des bornes de recharge rapide capables de fournir 1 à 10 MW de puissance en 10 à 30 minutes entre deux rotations. Cette puissance est considérable — équivalente à celle de 200 à 2 000 bornes de recharge de voitures électriques. Le renforcement du réseau électrique local (poste de transformation, câblage haute tension) est souvent le poste d'investissement le plus important.

Stations hydrogène

Une station d'avitaillement hydrogène portuaire comprend un système de production ou de livraison, un stockage tampon (sous pression ou cryogénique), et un bras de chargement. Le coût est de 5 à 20 millions d'euros selon la capacité. Aucun port français ne dispose actuellement d'une telle station, mais des projets sont à l'étude dans les ports de Nantes – Saint-Nazaire et Toulon.

Exemples internationaux

La Norvège est le pays le plus avancé en matière de ports verts : la plupart des quais de ferries côtiers sont équipés de bornes de recharge haute puissance, financées par Enova (agence nationale de l'énergie). Le Danemark et la Suède ont également équipé leurs principaux ports de ferry en shore power et en bornes de recharge[2].

Financement

Le financement des infrastructures portuaires vertes mobilise les fonds européens (CEF Transport, FEDER), les aides ADEME, les budgets des collectivités propriétaires des ports, et la Banque des Territoires. Le règlement AFIR crée une obligation de résultat qui accélère les investissements[3].