La sécurité des passagers à bord des navires de transport côtier repose sur un ensemble d'obligations réglementaires fixées par la Convention SOLAS de l'OMI, les directives européennes, et la réglementation française — notamment la Division 190. Ces obligations couvrent les équipements de sauvetage, les procédures d'évacuation, la formation de l'équipage, et les exercices réguliers[1].
À retenir
Un navire de passagers côtier doit disposer de gilets de sauvetage pour 100 % des personnes à bord plus 10 %, de radeaux de sauvetage pour 100 % de la capacité, de bouées de sauvetage, d'un système d'alerte de détresse (SMDSM), et d'un rôle d'appel détaillant les actions de chaque membre d'équipage en cas d'urgence. Un exercice d'évacuation est obligatoire chaque mois.
Équipements de sauvetage
Gilets de sauvetage
Chaque navire doit embarquer des gilets de sauvetage pour 110 % des personnes autorisées à bord (passagers + équipage), dont des gilets de taille enfant en nombre adapté. Les gilets doivent être conformes aux normes SOLAS et accessibles en moins de 2 minutes depuis tout point du navire. Des gilets supplémentaires sont disposés dans les postes de rassemblement et sur les ponts extérieurs. Un navire opérant en France est soumis simultanément aux normes internationales (OMI), européennes (UE) et françaises — c'est la plus restrictive des trois qui s'applique.
Radeaux de sauvetage
Les navires de passagers côtiers doivent embarquer des radeaux de sauvetage gonflables d'une capacité totale égale à 100 % des personnes à bord. Les radeaux sont répartis des deux côtés du navire pour rester accessibles en cas de gîte. Ils sont révisés annuellement par une station agréée.
Bouées de sauvetage
Le nombre de bouées de sauvetage dépend de la longueur du navire (de 8 à 30 bouées). Au moins deux doivent être équipées de feux à allumage automatique et de signaux fumigènes, et au moins deux doivent être munies de lignes de lancer[2].
Procédures d'évacuation
Le rôle d'appel est un document affiché à bord qui attribue à chaque membre d'équipage une mission précise en cas d'urgence : commandement des opérations, communication avec les CROSS, rassemblement des passagers, distribution des gilets, mise à l'eau des radeaux, fouille du navire, assistance aux personnes à mobilité réduite. Les passagers sont informés des consignes de sécurité par affichage et par annonce au départ de chaque traversée.
Exercices et formation
Un exercice d'évacuation complet — comprenant le rassemblement, la distribution des gilets, la mise à l'eau d'un radeau, et la simulation d'un abandon du navire — doit être réalisé au moins une fois par mois, dans un délai de 24 heures après un changement de plus de 25 % de l'équipage. Les marins doivent détenir les certificats de sécurité requis (CFBS, CGO, CAEERS). La formation à la gestion de la foule (CGO) est spécifique aux navires à passagers et couvre la communication en situation de crise, la prévention de la panique, et l'assistance aux passagers vulnérables[3].
Système d'alerte de détresse (SMDSM)
Tous les navires de passagers sont équipés du Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer (SMDSM), comprenant une ou plusieurs balises de détresse (EPIRB), un répondeur radar (SART), des radios VHF avec ASN (Appel Sélectif Numérique), et selon la zone de navigation, des communications par satellite (Inmarsat). Les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage) coordonnent les opérations de secours.
Accessibilité PMR
Les navires de passagers doivent assurer l'évacuation des personnes à mobilité réduite (PMR). Cela implique des postes de rassemblement accessibles, des gilets de sauvetage adaptés, des membres d'équipage désignés pour l'assistance, et des procédures spécifiques dans le rôle d'appel. Le règlement européen 1177/2010 sur les droits des passagers maritimes renforce ces obligations.