La Convention STCW (Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers), adoptée par l'OMI en 1978 et révisée en 2010, fixe les normes internationales de formation, de délivrance des brevets et de veille des gens de mer. En France, ces normes sont transposées par le décret n° 2015-723 et les arrêtés associés. Chaque marin embarqué sur un navire côtier de passagers doit détenir les brevets et certificats correspondant à sa fonction à bord[1].

À retenir

Les brevets STCW sont délivrés par la DGAMPA après validation d'une formation agréée et réussite des examens. Pour le transport côtier, les brevets clés sont le Capitaine 200 (commandement des navires de jauge brute inférieure à 200 en navigation côtière), le Capitaine 500 (jusqu'à 500 UMS), et les certificats de matelot pont et machine. La formation est dispensée par l'ENSM et les lycées maritimes.

Structure des brevets

Brevets de pont (navigation)

Du matelot pont au capitaine, les brevets de pont couvrent la conduite du navire, la navigation, la météorologie, le droit maritime et la sécurité. Pour le transport côtier, les brevets les plus courants sont le Capitaine 200 (navires ≤ 200 UMS en navigation côtière, jusqu'à 20 milles des côtes) et le Capitaine 500 (navires ≤ 500 UMS en navigation côtière). Les plus grands ferries nécessitent un brevet de Capitaine 3000 ou de Capitaine illimité. Un navire opérant en France est soumis simultanément aux normes internationales (OMI), européennes (UE) et françaises — c'est la plus restrictive des trois qui s'applique.

Brevets de machine

Du mécanicien 250 kW au chef mécanicien illimité, les brevets machine couvrent l'exploitation et la maintenance des installations propulsives et auxiliaires. Le Chef mécanicien 750 kW est le brevet typique pour les navettes côtières de petite taille, le Chef mécanicien 3000 kW pour les ferries de taille moyenne.

Certificats complémentaires obligatoires

En plus du brevet de base, les marins du transport de passagers doivent détenir des certificats spécifiques : CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité — survie en mer, lutte incendie, premiers secours), CGO (Certificat de Gestion de la Foule — gestion des passagers en situation d'urgence), CAEERS (Certificat d'Aptitude à l'Exploitation des Embarcations et Radeaux de Sauvetage), et le CRO (Certificat Restreint d'Opérateur radio SMDSM)[2].

Formation

La formation maritime française est dispensée par l'École Nationale Supérieure Maritime (ENSM — sites de Marseille, Le Havre, Nantes et Saint-Malo), les lycées professionnels maritimes (12 établissements sur le littoral français), et des centres de formation agréés pour les formations continues et les revalidations. La formation initiale de matelot dure 2 ans (CAP maritime), celle d'officier pont ou machine 3 à 5 ans (ENSM)[3].

Revalidation

Les brevets STCW ont une validité de 5 ans et doivent être revalidés. La revalidation nécessite de justifier d'un temps de navigation minimum (12 mois sur les 5 dernières années) et de suivre des stages de recyclage (sécurité, soins médicaux, radio). Ce mécanisme garantit le maintien des compétences tout au long de la carrière.

Enjeux pour le transport côtier

Le renouvellement des flottes avec des navires à propulsion électrique ou hydrogène crée un besoin de formation complémentaire pour les équipages : gestion des systèmes de batteries haute tension, procédures d'urgence spécifiques à l'hydrogène, maintenance des systèmes électriques embarqués. L'adaptation des cursus de formation est en cours à l'ENSM et dans les centres agréés.