Le méthanol vert (e-méthanol, produit à partir de CO₂ capté et d'hydrogène vert) est un carburant maritime en plein essor. Liquide à température ambiante, il est facile à stocker et à manipuler — un avantage considérable par rapport à l'hydrogène (cryogénique ou haute pression) et à l'ammoniac (toxique). Maersk a commandé 25 porte-conteneurs au méthanol, signalant une percée industrielle[1].
L'essentiel
Le méthanol vert réduit les émissions de CO₂ de 65 à 95 % par rapport au diesel marin (selon le mode de production). Il est biodégradable en mer (risque de pollution réduit). Son pouvoir calorifique est inférieur au diesel (environ la moitié), ce qui nécessite des réservoirs plus grands. Pour le transport côtier, il est pertinent pour les traversées moyennes (1 à 4 heures) où les batteries sont insuffisantes.
Filière de production
Le e-méthanol est produit en combinant du CO₂ capté (émissions industrielles ou capture atmosphérique directe) avec de l'hydrogène vert (électrolyse à partir de renouvelables). Le biométhanol est produit à partir de biomasse (déchets agricoles, boues d'épuration). Les deux voies sont complémentaires. Le coût de production est de 800 à 1 500 €/tonne, contre 400 à 600 €/tonne pour le diesel marin[2].
Adaptation des navires
Les moteurs dual-fuel méthanol/diesel sont disponibles chez les motoristes (MAN, Wärtsilä). La conversion d'un moteur diesel existant au dual-fuel méthanol est techniquement possible (retrofit). Les modifications principales concernent le circuit carburant (matériaux compatibles), les réservoirs (double paroi) et les systèmes de ventilation.
Pertinence pour le transport côtier
Le méthanol vert est un bon compromis pour les ferries de moyenne distance qui ne peuvent pas s'électrifier. Les réglementations FuelEU Maritime le reconnaissent comme carburant alternatif conforme. Plusieurs projets européens de ferries au méthanol sont en développement (Stena Line, Viking Line)[3].