Les batteries sodium-ion (Na-ion) sont une technologie émergente qui pourrait transformer la propulsion électrique maritime. Par rapport aux batteries lithium-ion actuellement utilisées dans les ferries électriques, les Na-ion offrent des avantages significatifs : matières premières abondantes et peu coûteuses (sodium vs lithium), meilleure résistance aux basses températures, et sécurité intrinsèque supérieure (pas d'emballement thermique)[1].
Repères
Les batteries Na-ion ont une densité énergétique de 100 à 160 Wh/kg (contre 150 à 250 Wh/kg pour les Li-ion NMC). Elles sont 20 à 40 % moins chères. Leur durée de vie (3 000 à 5 000 cycles) est comparable. Le principal inconvénient est leur densité énergétique inférieure, qui nécessite des volumes de batterie plus importants — moins critique sur un navire (espace disponible) que dans une voiture.
Avantages pour le maritime
Le maritime est un cas d'usage idéal pour les batteries Na-ion : l'espace à bord est moins contraint que dans l'automobile (la densité énergétique volumique est donc moins critique), la résistance aux basses températures est un atout pour la navigation hivernale, et la sécurité renforcée (pas de thermal runaway) simplifie la certification et réduit les exigences de protection incendie[2].
État de la technologie
Les premiers fabricants (CATL, BYD, Tiamat en France) ont lancé la production de masse de cellules Na-ion. L'intégration dans des packs maritimes (certification maritime, BMS adapté, refroidissement) est en cours de développement. Les premiers déploiements commerciaux sont attendus entre 2026 et 2028 pour des navettes fluviales et côtières.
Perspective pour le transport côtier
Pour les navettes urbaines et les bacs d'estuaire (traversées courtes, recharges fréquentes), les batteries Na-ion pourraient réduire de 30 à 40 % le coût du système de stockage, accélérant le renouvellement vers l'électrique[3].