Le règlement FuelEU Maritime (UE 2023/1805), entré en vigueur le 1er janvier 2025, impose une réduction progressive de l'intensité en gaz à effet de serre (GHG) de l'énergie utilisée à bord des navires faisant escale dans les ports de l'UE. Pour les armateurs de transport côtier de passagers, c'est un changement majeur qui impose de planifier dès maintenant la transition vers des carburants moins carbonés[1].
À retenir
FuelEU impose une réduction de l'intensité GHG de 2 % en 2025, 6 % en 2030, 14,5 % en 2035, 31 % en 2040, 62 % en 2045, et 80 % en 2050 (par rapport à la référence 2020). Les navires non conformes paient une pénalité financière. Les navires électriques à quai doivent se brancher au réseau (obligation shore power dès 2030). Le règlement s'applique aux navires de jauge brute ≥ 5 000 UMS, mais les États membres peuvent étendre aux navires plus petits.
Champ d'application
FuelEU s'applique à tout navire de jauge brute ≥ 5 000 UMS, quelle que soit sa nationalité, qui fait escale dans un port de l'UE. Pour le transport côtier, de nombreux ferries et navettes sont en dessous de ce seuil — mais le règlement encourage les États membres à étendre les obligations aux navires plus petits. La France pourrait appliquer des obligations nationales complémentaires[2]. Ce règlement européen s'ajoute aux exigences de l'OMI (stratégie GHG 2023) et du droit français (SNBC, Code de l'énergie). Un armateur français doit satisfaire les trois niveaux simultanément — c'est la norme la plus restrictive qui prévaut.
Mécanisme de conformité
Chaque navire doit calculer son intensité GHG annuelle (gCO₂e/MJ d'énergie consommée) sur la base des carburants effectivement utilisés, en prenant en compte l'ensemble du cycle de vie (well-to-wake). L'utilisation de bioGNL, de e-méthanol, ou d'électricité verte réduit l'intensité GHG. Un mécanisme de « mise en commun » (pooling) permet à un armateur exploitant des navires verts de vendre son excédent de conformité à un armateur exploitant des navires diesel.
Pénalités
La pénalité pour non-conformité est de 2 400 € par tonne de VLSFO équivalent de manque de conformité. Pour un ferry côtier moyen, cela peut représenter 50 000 à 200 000 €/an en cas de non-conformité totale. Le coût de la pénalité est conçu pour être supérieur au coût de la mise en conformité, créant une incitation économique forte[3].