La marine marchande de proximité désigne l'ensemble des activités de transport maritime de passagers et de marchandises exercées près des côtes : dessertes des îles, passages d'eau, navettes urbaines. Elle est présente sur les quatre façades de l'Hexagone comme dans les Outremers (Antilles, Mayotte, Polynésie, Nouvelle-Calédonie). Elle se distingue de la marine marchande hauturière, qui opère sur les longues routes intercontinentales. Cette page pédagogique explique ce qui caractérise la marine côtière, quels métiers s'y exercent et quelle formation y conduit.
Côtier ou hauturier : quelle différence ?
La marine marchande de proximité opère sur des liaisons courtes, avec des escales fréquentes et des retours quotidiens à quai. La marine hauturière enchaîne de longues traversées en haute mer. Cette distinction structure les navires, les brevets exigés et le rythme de vie des équipages.
Marine côtière et marine hauturière
La principale différence tient à la distance d'exploitation et au rythme de travail. Sur une ligne de passage d'eau, un équipage peut enchaîner de nombreuses traversées dans la journée et rentrer au port chaque soir. La navigation reste à proximité des côtes, ce qui se reflète dans les brevets : le Capitaine 200 autorise le commandement de navires jusqu'à 200 UMS en navigation côtière, jusqu'à 20 milles des côtes. La marine hauturière, à l'inverse, exige des embarquements de plusieurs semaines et des brevets de niveau supérieur.
Cette proximité a une conséquence sociale forte : les emplois de la marine côtière sont, par nature, non délocalisables et ancrés dans les territoires littoraux. Ils sont portés par les compagnies côtières françaises qui exploitent les liaisons régulières.
Les métiers à bord
Un navire côtier réunit plusieurs métiers complémentaires, répartis entre le pont et la machine. La page consacrée aux métiers du maritime côtier détaille chacun de ces parcours :
- Le capitaine, qui commande le navire, représente l'armateur et dépositaire de l'autorité publique à bord.
- Le mécanicien de bord, qui assure le fonctionnement des moteurs et, de plus en plus, des systèmes électriques et des batteries.
- Le matelot de pont, qui réalise les manœuvres d'amarrage, la veille et l'accueil des passagers.
Ces métiers relèvent du statut de marin professionnel. Au sens du Code des transports, le marin est toute personne exerçant une activité professionnelle à bord d'un navire ; il est inscrit au rôle d'équipage, titulaire d'un contrat d'engagement maritime, affilié à l'ENIM pour sa protection sociale et couvert par la convention du travail maritime de 2006.
Les brevets et la formation
Naviguer comme professionnel suppose des qualifications définies par la convention internationale STCW, adoptée par l'OMI en 1978 et révisée en 2010, transposée en France par le décret n° 2015-723. La filière pont va du Capitaine 200 au Capitaine illimité, la filière machine du Mécanicien 250 kW au Chef mécanicien illimité. Tout équipage de navire à passagers détient en outre des certificats de sécurité obligatoires, comme le Certificat de Formation de Base à la Sécurité. Le détail figure sur la page brevets STCW.
Deux grandes voies de formation existent. Le matelot se forme en deux ans en CAP maritime, dans l'un des lycées professionnels maritimes. Les officiers se forment à l'École nationale supérieure maritime (ENSM), sur ses sites de Marseille, Le Havre, Nantes et Saint-Malo. Pour explorer ces parcours et les écoles, consultez la page les écoles de la mer.
Le rythme de travail embarqué
La marine de proximité se caractérise par un rythme rapproché. Sur un passage d'eau court, un navire peut effectuer dix à quinze traversées quotidiennes, avec des manœuvres d'accostage toutes les vingt à quarante-cinq minutes. Le temps de travail embarqué est encadré par la convention collective 3228, qui fixe des durées maximales de 14 heures par période de 24 heures et de 72 heures par période de 7 jours, et prévoit des congés au prorata des mois d'embarquement effectif.
Cette intensité opérationnelle exige des exercices de sécurité réguliers, comme les exercices d'évacuation menés mensuellement à bord des navires à passagers. La veille à la passerelle répond à l'obligation prévue par la convention COLREG, et chaque membre d'équipage détient les certificats de sécurité correspondant à sa fonction.
Statut social et santé du marin
Les conditions d'emploi des navigants côtiers sont fixées par la convention collective nationale 3228 (IDCC 3228), qui couvre les personnels navigants des liaisons régulières de passages d'eau et de dessertes insulaires. Elle encadre les classifications, les grilles de salaires, le temps de travail embarqué et les congés. Pour un panorama des dispositifs employeur, la boîte à outils rassemble les repères pratiques sur l'apprentissage, les aides et la réglementation sociale.
L'aptitude médicale est une condition d'embarquement. Les services de santé des gens de mer (SSGM) assurent les visites médicales d'aptitude et la délivrance des certificats requis par la réglementation maritime.
Des métiers qui recrutent localement
La marine marchande de proximité offre des perspectives d'évolution concrètes. Un matelot de pont peut progresser vers les fonctions de bosco, puis de Lieutenant et de Capitaine, en validant les brevets correspondants. La formation continue des navigants est accompagnée par l'OPCO Mobilités, opérateur de compétences de la branche. Ces emplois étant ancrés dans les territoires littoraux, ils ne se délocalisent pas et participent directement à la vie économique locale.
Les compagnies du groupement publient leurs offres d'embarquement sur la page nos compagnies recrutent, et les formations proposées complètent l'offre des écoles maritimes.